Des réponses aux questions de détresse morale et spirituelle – Sitio est un site de l’Église catholique à Paris

La réponse

de Caroline Dry

C’est une profonde souffrance que de ressentir en vous un vide, un manque si existentiel.
C’est aussi une terrible souffrance d’avoir besoin, pour se sentir capable de vivre, de quelque chose, mais plus encore d’un autre dont on devient dépendant. C’est comme si vous étiez privé du trésor de votre liberté… Celle de gérer, de mener, de poser par vous-même les choix de votre vie.

C’est vrai que nous sommes des êtres de relation. C’est une relation qui nous donne naissance. Puis, pendant 9 mois nous faisons un avec le corps qui nous abrite. Et dans les premières années de notre vie, nous avons besoin d’un lien d’attachement fort pour bien grandir en sécurité et en confiance. Toute notre croissance et notre éducation sont tendues vers notre autonomie et doivent développer notre capacité à prendre soin de nous-même pour devenir pleinement responsables de notre vie. Et donc libres de la vivre.

Cependant, il peut arriver que certaines expériences blessent cette autonomie. Cela peut être, en fonction de notre histoire : des ruptures, des pertes, des abandons, certaines formes de carences, de maltraitance, qui peuvent provoquer une insécurité affective, ou empêcher une sécurité de se construire en nous.
Cela pourrait expliquer votre impression d’avoir besoin de vous attacher à quelque chose et peut-être surtout à quelqu’un pour pouvoir vivre, exister, vous sentir en sécurité. Mais c’est aussi ce qui vous empêche d’être libre.

Ce qui pourrait vous aider, c’est de reconstituer cette sécurité interne, à l’aide par exemple d’une rencontre avec un service d’écoute, comme Amitié Espérance, ou d’un travail de psychothérapie, afin que vous puissiez retrouver votre autonomie et votre liberté. Les services ci-dessous pourront vous orienter vers des adresses adaptées.

Dieu a un projet d’amour et de vie pour chacun de nous. Bien sûr, cela nous demande de nous rendre disponible et disposé à l’accueillir pour le choisir. Que votre prière et la nôtre pour vous, vous aident à choisir la vie. La vie en plénitude !

Prières

Aime-moi, tel que tu es

Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme ; la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même : "Donne-Moi ton coeur, aime-Moi comme tu es."

Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent, dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas M’aimer. Aime-Moi comme tu es.

A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité. Aime-Moi tel tu es.

Je veux l’amour de ton coeur indigent ; si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ? Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créés ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ? Et s’il me plaît de laisser pour jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour !

Mon enfant, laisse-moi t’aimer, je veux ton coeur.

Je compte bien te former mais en attendant, je t’aime comme tu es.

Et je souhaite que tu fasses de même : je désire voir, du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse.

J’aime l’amour des pauvres ; je veux que, de l’indigence, s’élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C’est le chant de ton coeur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait : ne t’inquiète pas de cela. J’aurais pu te destiner à de grandes choses : Non, tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour. Aime !

L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton coeur comme un mendiant, Moi, le Seigneur des seigneurs. Je frappe et j’attends, hâte-toi de m’ouvrir, n’allègue pas ta misère. Ton indigence, si tu la connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser le coeur, ce serait de te voir douter et manquer de confiance. Je veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit, je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi : "Aime-moi, tel que tu es."
N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais.

© Supplément au n° 120 des Cahiers sur l’Oraison, Père Henri Caffarel, à partir d’un texte transmis par une mystique anonyme du XIXe siècle.

Prière à Marie de saint Bernard de Clairvaux

Ô toi, qui que tu sois,
qui te sais vacillant sur les flots de ce monde
parmi les bourrasques et les tempêtes,
plutôt que faisant route sur la terre ferme,
ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre
si tu ne veux pas te noyer durant les bourrasques.

Si surgissent en toi les vents des tentations,
si tu navigues parmi les écueils des épreuves
regarde l’étoile, appelle Marie.
Si tu es ballotté sur les vagues de l’insolence et de l’ambition,
du dénigrement ou de la jalousie,
regarde l’étoile, appelle Marie.
Si la colère, l’avarice ou les désirs de la chair
secouent l’esquif de ton âme,
regarde vers Marie.

Si, troublé par la démesure de tes crimes,
confus par l’infection de ta conscience,
terrifié par l’horreur du jugement,
tu commences à sombrer dans le gouffre de la tristesse, l’abîme du désespoir,
pense à Marie.
Dans les dangers, les angoisses, les incertitudes,
pense à Marie, appelle Marie.
Qu’elle ne s’éloigne pas de ton cœur.

Et pour être sûr d’obtenir le suffrage de ses prières,
ne néglige pas l’exemple de sa vie.
En la suivant, tu ne t’égares pas ;
en la priant tu ne désespères pas ;
elle te tient, tu ne t’écroules pas ;
elle te protège, tu ne crains pas ;
elle te guide, tu ne te lasses pas ;
elle te favorise, tu aboutis.

Ainsi par ta propre expérience tu sais à quel point se justifie la parole :
“Et le nom de la Vierge était Marie”.

© 2e Homélie, 17, Œuvres complètes. XX, A la louange de la Vierge Mère, Bernard de Clairvaux, introd., trad., notes et index par Marie-Imelda Huille, O.c.s.o., Joël Regnard, O.c.s.o. Editions du Cerf, 2009.

Prière sur l’Espérance de Charles Péguy

La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance.
La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres.

Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus.

La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce.

La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance.

Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite.

© Charles Péguy, Le porche du Mystère de la deuxième vertu, Nouvelle Revue française, 1916, p 251.

Associations

Amitié espérance

Conférence des évêques de France - CEF
Germaine Nérome - 310 rue de Vaugirard - 75015 Paris
tél. : 01 48 42 45 82/06 87 51 00 69
mail : germaine.nerome@sfr.fr
www.amitiesperance.cef.fr

Mouvement chrétien pour les personnes dépressives ou souffrant de maladies psychiques, cherchant à briser leur isolement, les invitant à une recherche spirituelle. Rencontre, partage, entraide, solidarité à travers le vécu quotidien des participants.

Arche d’Alliance

Chapelle des 4 Evangélistes,1 r de la Croix Moreau - 75018 Paris
tél. : 01 42 09 00 44
mail : archedalliance-frat@orange.fr

Accueil, écoute, partage de vie de foi et de prière. Soutien amical, moral et spirituel en particulier de personnes isolées ou handicapées.

Service d’écoute Samuel

Paroisse Sainte-Trinité
3 rue de la Trinité - 75009 Paris
tél. : 01 48 74 87 82
mail : samuel@latriniteparis.com
http://latriniteparis.com/Samuel

Un service d’écoute, de discernement, d’orientation, de conseil, assuré par des personnes formées à l’accompagnement spirituel et à l’écoute psychologique, sur rendez-vous à l’accueil (10h30-13h,15h-19h) ou par téléphone.

SOS Chrétiens à l’écoute

tél. : 01 45 35 55 56
www.soschretiensalecoute.fr

Écoute téléphonique anonyme. Solitude, souffrances psychiques ou morales, maladies, états de dépendance, précarités, détresses suicidaires, difficultés relationnelles. Prière et vie de foi. Une écoute sans critique ni jugement dans l’esprit de l’Évangile.

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