Des réponses aux questions de détresse morale et spirituelle – Sitio est un site de l’Église catholique à Paris

La réponse

de Caroline Dry

Il semble grand votre désarroi… Et combien profonde la souffrance que vous exprimez, cet épuisement, cette impuissance, pris au piège de l’alcool. Mais il y a aussi cette blessure si touchante de votre propre mépris de vous-même, un regard dur, qui juge et semble dire que vous vous en voulez de ne pas réussir à vous guérir tout seul. Vous vous condamnez de ne pas être capable de gérer, de limiter votre consommation par votre seule volonté !

Comme nous serions plus doux, plus tendres, plus miséricordieux avec nous-mêmes si nous nous regardions avec le regard du Christ-Jésus ! Lui dont le regard sur chaque personne a toujours été rempli d’amour, d’espérance, de confiance. Quelles que soient leurs situations : exclusion, hors-la-loi, déchéance physique ou morale, ruptures relationnelles ou sociales, maladie…

L’alcool est un produit puissant qui quand on le consomme pour ses effets peut pour un temps paraître un allié, car il détend, il soulage, il anesthésie… Malheureusement, c’est aussi une drogue qui prend au piège de la dépendance et rend malade.

Aujourd’hui, il semble que vous ayez d’abord besoin de recevoir un soin, d’être soigné par des spécialistes alcoologues - médecin ou psychologues - qui vous aideront à comprendre ce qui se passe en vous physiquement et psychiquement. Vous découvrirez alors que ce n’est pas simplement une question de volonté.

A l’exemple du Christ qui dans l’Évangile pose un regard d’amour sur chacun et nous invite à entrer dans ce même regard, je vous souhaite de poser à nouveau un regard d’amour et de compassion sur vous-même et retrouver une saine estime de vous-même. Pour vous donner la force de cette démarche de soin, vous pouvez prendre contact avec l’association Fraternité Saint Jean-Baptiste ou un Centre de Soins en Alcoologie qui vous accueillera chaleureusement. Sur ce chemin de vie, vous pouvez compter sur la prière des communautés religieuses de Paris.

Prières

Aime-moi, tel que tu es

Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme ; la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même : "Donne-Moi ton coeur, aime-Moi comme tu es."

Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent, dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas M’aimer. Aime-Moi comme tu es.

A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité. Aime-Moi tel tu es.

Je veux l’amour de ton coeur indigent ; si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ? Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créés ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ? Et s’il me plaît de laisser pour jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour !

Mon enfant, laisse-moi t’aimer, je veux ton coeur.

Je compte bien te former mais en attendant, je t’aime comme tu es.

Et je souhaite que tu fasses de même : je désire voir, du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse.

J’aime l’amour des pauvres ; je veux que, de l’indigence, s’élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C’est le chant de ton coeur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait : ne t’inquiète pas de cela. J’aurais pu te destiner à de grandes choses : Non, tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour. Aime !

L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton coeur comme un mendiant, Moi, le Seigneur des seigneurs. Je frappe et j’attends, hâte-toi de m’ouvrir, n’allègue pas ta misère. Ton indigence, si tu la connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser le coeur, ce serait de te voir douter et manquer de confiance. Je veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit, je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi : "Aime-moi, tel que tu es."
N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais.

© Supplément au n° 120 des Cahiers sur l’Oraison, Père Henri Caffarel, à partir d’un texte transmis par une mystique anonyme du XIXe siècle.

Chaque petite action de Madeleine Delbrêl

Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.
Qu’importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir ; parler ou se taire ; raccommoder ou faire une conférence ; soigner un malade ou taper à la machine.

Tout cela n’est que l’écorce d’une réalité splendide, la rencontre de l’âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.

On sonne ? Vite, allons ouvrir.
C’est Dieu qui vient nous aimer.
Un renseignement ? Le voici :
C’est Dieu qui vient nous aimer.
C’est l’heure de se mettre à table : allons-y :
C’est Dieu qui vient nous aimer.

Laissons-le faire.

© Madeleine Delbrêl, La Sainteté des gens ordinaires, tome VII des O.C., Nouvelle Cité 2009, pp. 29-30

Néanmoins tu me donnes la force, prière d’Edith Stein

Bénis l’esprit brisé des souffrants,
La lourde solitude des hommes,
L’être qui ne connaît nul repos,
La souffrance qu’on ne confie jamais
A personne...

Bénis la misère des hommes
Qui meurent en cette heure.
Donne-leur, mon Dieu, une bonne fin.
Bénis les cœurs, Seigneur,
Les cœurs amers.

Avant tout donne aux malades le soulagement.
Enseigne l’oubli à ceux que tu as privés
de leur bien le plus cher.
Ne laisse personne sur la terre entière
Dans la détresse.

Bénis ceux qui sont dans la joie,
Seigneur, protège-les.
Moi, tu ne m’as jamais, à ce jour,
Délivrée de la tristesse.
Elle me pèse parfois beaucoup.
Néanmoins, tu me donnes ta force
Et je peux ainsi la porter.
Ainsi soit-il.

© Edith Stein, « Prière du Vendredi Saint 1938 » , in Malgré la nuit, poésies complètes, Ad Solem, 2002

Seigneur tu m’as appelé de saint Augustin

Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t’ai aimée !

Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors,
et c’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

© Augustin d’Hippone, Confessions, X, XXVII, 38
trad. de E. Tréhorel et G. Bouissou, 1992

Associations

Accueil Ecoute-Orientation Addictions

11bis rue Ampère - 75017 Paris
tél. : 01 43 18 15 44
mail : 11bisrueampere@gmail.com

Espace Paroles & Familles
Paroisse Saint-François de Sales

Fraternité Marie Espérance

Paroisse Saint-Leu - Saint-Gilles
92 rue Saint-Denis - 75001 Paris
tél. : 01 42 33 50 22
http://saintleuparis.catholique.fr/spip.php?article30

Association chrétienne de parents face au problème des addictions. Soutien, prévention, formation. Les 2e et 4e vendredis de chaque mois à 19h30, sauf pendant les vacances d’été.

Fraternité Saint Jean Baptiste

Réunions chez les Lazaristes 95, rue de Sèvres - 75006 PARIS
tél. : 09 81 74 84 19/06 86 00 28 48
mail : lc.chaonbernard41@gmail.com
marielisabeth.lafaille@yahoo.com
www.fraternitesaintjeanbaptiste.org

Accueil des malades de l’alcool ou d’autres dépendances, de leurs proches, en complément avec les mouvements d’entraide et structures de soin. Prière, information, écoute le 2e vendredi du mois 19–21h. Invitation à pratiquer l’abstinence solidaire.

Pèlerins de l’eau vive (PEV)

http://www.pelerinsdeleauvive.org/
Contact : www.pelerinsdeleauvive.org/nous-rencontrer/nous-contacter
Liste des antennes en Île-de-France

Association au service des malades de l’alcool et de leur famille, croyants ou incroyants.
Constituée en petits groupes locaux, elle a pour but d’accompagner à sortir de la dépendance alcoolique en guérissant le mal spirituel sous-jacent. Les Pèlerins de l’Eau Vive apportent leur contribution spécifique aux efforts entrepris par d’autres associations pour le service des malades de l’alcool.
Leur fondation et leur spiritualité les situent dans la Pastorale de la Santé déployée dans l’Église Catholique.

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