Des réponses aux questions de détresse morale et spirituelle – Sitio est un site de l’Église catholique à Paris

La réponse

de Caroline Dry

Quelle victoire cela doit être pour vous ! Je comprends que vous exprimiez votre fierté d’avoir réussi à sortir de la dépendance de l’alcool. C’est un produit de consommation courante, aux effets agréables et bienfaisants au début, mais qui dans certaines circonstances de vie et une consommation excessive peut devenir une drogue puissante et redoutable.

Quel courage et quelle force cela a dû vous demander pour réussir cela. Et le réussir seule ! D’ailleurs, et je ne sais pas si cela a été votre cas, il n’est pas toujours facile, même quand on le voudrait, de trouver de l’aide quand on est en difficulté ou malade à cause de l’alcool. Il y a tant de mauvaises images qui sont renvoyées. Ce sont elles qui écrasent et empêchent d’en parler, même à des professionnels de santé spécialisés.
Aujourd’hui, malgré cette victoire, vous sentez qu’il vous manque « quelque chose » pour être heureuse. Ce doit être une profonde souffrance.

« Sentir », cependant, est une de nos capacités fondamentales, dont malheureusement nous sommes trop souvent coupés. Une aptitude que l’alcool, par exemple, peut étouffer et anesthésier. C’est notre équipement de naissance, toute la richesse de notre intelligence émotionnelle. Elle est en nous comme un GPS qui nous envoie un signal : « ça va bien pour toi, tu es sur le juste chemin de ta vie » ou bien « ça ne va pas pour toi, tu as besoin de quelque chose ». C’est constitutif de l’humain que nous sommes, ce qui nous met en contact avec nous-mêmes, avec nos besoins vitaux : le besoin de sécurité, d’être aimé et d’aimer, d’être respecté, d’être reconnu. Plus nous utilisons notre GPS, plus nous osons sentir et écouter en nous, même ce qui est douloureux, plus nous pouvons découvrir ce dont nous avons besoin pour VIVRE et pour vivre le plus HEUREUX possible.

C’est une des beautés et grandeurs de l’être humain arrivé à sa maturité adulte que cette capacité de nous assumer ; c’est à dire, au fond, d’apprendre à repérer et répondre à nos besoins, parfois seul, comme vous l’avez fait pour l’arrêt de l’alcool, mais aussi en cherchant de l’aide auprès d’autres, lorsque nous ne savons pas comment faire ou que nous n’avons pas tous les outils nécessaires.

Vous êtes invitée, me semble t-il, à faire confiance à ce ressenti. A accueillir et écouter ce manque en vous pour découvrir ce « quelque chose » si précieux qu’il est nécessaire à votre bonheur…
Rechercher ce trésor, seule ou avec des amis à qui vous pouvez vous en ouvrir. Il y a aussi des espaces de parole qui peuvent aider à mieux se connaître et reconnaître ses besoins, comme celui proposé par les psychologues, ou encore l’accompagnement spirituel.

Je n’oublie pas non plus la prière. La vôtre, si vous êtes croyante, mais aussi celle des croyants qui vous entourent. Pour ma part, je vous confie pour que le Seigneur Jésus-Christ, qui accueille et rejoint le désir de tout personne, accueille votre désir d’être heureuse et vous donne la grâce de le réaliser !

Prières

Chaque petite action de Madeleine Delbrêl

Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.
Qu’importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir ; parler ou se taire ; raccommoder ou faire une conférence ; soigner un malade ou taper à la machine.

Tout cela n’est que l’écorce d’une réalité splendide, la rencontre de l’âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.

On sonne ? Vite, allons ouvrir.
C’est Dieu qui vient nous aimer.
Un renseignement ? Le voici :
C’est Dieu qui vient nous aimer.
C’est l’heure de se mettre à table : allons-y :
C’est Dieu qui vient nous aimer.

Laissons-le faire.

© Madeleine Delbrêl, La Sainteté des gens ordinaires, tome VII des O.C., Nouvelle Cité 2009, pp. 29-30

Prière de confiance de saint Ambroise de Milan

Si tu brûles de fièvre,
Il est la Source qui rafraîchit ;
si tu es oppressé par tes fautes,
Il est la Délivrance ;
si tu as besoin d’aide,
Il est la Force ;
si tu as peur de la mort,
Il est la Vie ;
si tu désires le Ciel ,
Il est la Voie ;
si tu fuis les ténèbres,
Il est la Lumière ;
Si tu as besoin de nourriture,
Il est l’Aliment.

© Saint Ambroise de Milan

Prière sur l’Espérance de Charles Péguy

La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance.
La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres.

Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus.

La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce.

La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance.

Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite.

© Charles Péguy, Le porche du Mystère de la deuxième vertu, Nouvelle Revue française, 1916, p 251.

Associations

Accueil Ecoute-Orientation Addictions

11bis rue Ampère - 75017 Paris
tél. : 01 43 18 15 44
mail : 11bisrueampere@gmail.com

Espace Paroles & Familles
Paroisse Saint-François de Sales

Fraternité Marie Espérance

Paroisse Saint-Leu - Saint-Gilles
92 rue Saint-Denis - 75001 Paris
tél. : 01 42 33 50 22
http://saintleuparis.catholique.fr/spip.php?article30

Association chrétienne de parents face au problème des addictions. Soutien, prévention, formation. Les 2e et 4e vendredis de chaque mois à 19h30, sauf pendant les vacances d’été.

Fraternité Saint Jean Baptiste

Réunions chez les Lazaristes 95, rue de Sèvres - 75006 PARIS
tél. : 09 81 74 84 19/06 86 00 28 48
mail : lc.chaonbernard41@gmail.com
marielisabeth.lafaille@yahoo.com
www.fraternitesaintjeanbaptiste.org

Accueil des malades de l’alcool ou d’autres dépendances, de leurs proches, en complément avec les mouvements d’entraide et structures de soin. Prière, information, écoute le 2e vendredi du mois 19–21h. Invitation à pratiquer l’abstinence solidaire.

Pèlerins de l’eau vive (PEV)

http://www.pelerinsdeleauvive.org/
Contact : www.pelerinsdeleauvive.org/nous-rencontrer/nous-contacter
Liste des antennes en Île-de-France

Association au service des malades de l’alcool et de leur famille, croyants ou incroyants.
Constituée en petits groupes locaux, elle a pour but d’accompagner à sortir de la dépendance alcoolique en guérissant le mal spirituel sous-jacent. Les Pèlerins de l’Eau Vive apportent leur contribution spécifique aux efforts entrepris par d’autres associations pour le service des malades de l’alcool.
Leur fondation et leur spiritualité les situent dans la Pastorale de la Santé déployée dans l’Église Catholique.

SOS Chrétiens à l’écoute

tél. : 01 45 35 55 56
www.soschretiensalecoute.fr

Écoute téléphonique anonyme. Solitude, souffrances psychiques ou morales, maladies, états de dépendance, précarités, détresses suicidaires, difficultés relationnelles. Prière et vie de foi. Une écoute sans critique ni jugement dans l’esprit de l’Évangile.

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