Des réponses aux questions de détresse morale et spirituelle – Sitio est un site de l’Église catholique à Paris

La réponse

du Père Francis Corbière

En lisant votre message, j’entends combien vous avez été bousculé et ébranlé. Combien vous vous « êtes senti perdu » par une parole reçue, sans doute trop brutalement, de plein fouet. Et je comprends votre désarroi.

Dans le courant de la vie, elle est bien regrettable cette manière que nous avons de vite nous classer les uns les autres et de nous sentir mis dans des catégories réductrices : il est gros, elle est vieille, il est insupportable, il est cancéreux, elle est bigleuse et pour vous « il est borderline ».
Je pense, personnellement, qu’il est toujours bon et important d’entendre une parole qui peut m’éclairer sur moi-même et m’ouvrir à une réalité, mais à la condition qu’elle soit profondément bienveillante et structurante.

Ce n’est jamais le regard qui "dé-visage" mais celui qui "en-visage", avec respect et sans jugement. Il invite à ne pas baisser les bras et à ne pas désespérer de soi-même en restant paralysé et perdu. Il permet de faire la vérité sur soi-même, d’accepter ses limites et ses fragilités, de retrouver le désir de l’estime de soi-même. C’est ce regard qui ouvre, pour chacun, un chemin de confiance et d’avenir, un chemin inespéré et imprévu qui donne la force de se relever et qui conduit à la vie.

Je ne sais pas si vous êtes croyant ; nous n’avons pas eu la joie d’échanger ensemble, mais je partage volontiers avec vous cette parole que le Pape François adressait aux jeunes, en 2016 à Cracovie, au cours des Journées Mondiales de la Jeunesse : « Que Jésus soit ton GPS sur les routes de la vie ». [1] Puisse-t-il être aussi pour vous un appui et une source d’espérance.

Jésus, lui, en effet, nous révèle le vrai visage de Dieu qui n’est qu’amour et miséricorde. Il nous regarde avec ce regard même de Dieu qui nous murmure en permanence : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ». Il nous prend là où nous sommes, là où nous en sommes, au cœur de notre fragile existence ; j’ose même dire de nos existences bien souvent cabossées et il compte sur nous. Il croit en nous. Il espère en nous. Il est le Dieu de la vie : il se porte là où la vie se perd.

Rencontrer des personnes, autour de nous, sur lesquelles nous pourrions compter, peut être bénéfique. Prendre contact avec des associations de notre quartier ou à l’accueil d’une paroisse voisine est, aussi, d’un vrai soutien. A travers ces rencontres, nous pouvons être encouragés à nous tourner vers un professionnel qui saura nous aider. N’hésitons jamais, pour notre propre bien, à entreprendre une telle démarche.

Je suis certain que vous avez en vous les ressources sur lesquelles vous pouvez vous appuyer. Vous aussi, vous êtes concerné, tel que vous êtes, avec vos richesses et vos fragilités, par cette autre parole du Pape François : « Jésus qui regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l’amour que nous sommes capables de propager, Lui parie toujours sur l’avenir, sur demain… Il t’appelle à laisser ton empreinte dans la vie… ». [2]

[1Messe pour la Journée mondiale de la Jeunesse, Homélie du Saint Père, Campus Misericordiae, Cracovie, Dimanche 31 juillet 2016.

[2Veillée de prière avec les jeunes, Discours du Saint Père, Campus Misericordiae, Cracovie, Samedi 30 juillet 2016

Prières

Aime-moi, tel que tu es

Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme ; la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même : "Donne-Moi ton coeur, aime-Moi comme tu es."

Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent, dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas M’aimer. Aime-Moi comme tu es.

A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité. Aime-Moi tel tu es.

Je veux l’amour de ton coeur indigent ; si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ? Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créés ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ? Et s’il me plaît de laisser pour jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour !

Mon enfant, laisse-moi t’aimer, je veux ton coeur.

Je compte bien te former mais en attendant, je t’aime comme tu es.

Et je souhaite que tu fasses de même : je désire voir, du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse.

J’aime l’amour des pauvres ; je veux que, de l’indigence, s’élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C’est le chant de ton coeur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait : ne t’inquiète pas de cela. J’aurais pu te destiner à de grandes choses : Non, tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour. Aime !

L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton coeur comme un mendiant, Moi, le Seigneur des seigneurs. Je frappe et j’attends, hâte-toi de m’ouvrir, n’allègue pas ta misère. Ton indigence, si tu la connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser le coeur, ce serait de te voir douter et manquer de confiance. Je veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit, je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi : "Aime-moi, tel que tu es."
N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais.

© Supplément au n° 120 des Cahiers sur l’Oraison, Père Henri Caffarel, à partir d’un texte transmis par une mystique anonyme du XIXe siècle.

Chaque petite action de Madeleine Delbrêl

Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.
Qu’importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir ; parler ou se taire ; raccommoder ou faire une conférence ; soigner un malade ou taper à la machine.

Tout cela n’est que l’écorce d’une réalité splendide, la rencontre de l’âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.

On sonne ? Vite, allons ouvrir.
C’est Dieu qui vient nous aimer.
Un renseignement ? Le voici :
C’est Dieu qui vient nous aimer.
C’est l’heure de se mettre à table : allons-y :
C’est Dieu qui vient nous aimer.

Laissons-le faire.

© Madeleine Delbrêl, La Sainteté des gens ordinaires, tome VII des O.C., Nouvelle Cité 2009, pp. 29-30

Seigneur tu m’as appelé de saint Augustin

Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t’ai aimée !

Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors,
et c’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

© Augustin d’Hippone, Confessions, X, XXVII, 38
trad. de E. Tréhorel et G. Bouissou, 1992

Associations

Centre Médico-Psycho-Pédagogique Giordano Bruno (CMPP)

6 rue Giordano Bruno - 75014 Paris
tél. : 01 40 52 44 46
http://www.ndbs.org/etablissements-cmpp.php

Etablissement de soin dirigé par un médecin-dir. psychiatre. Après consultation (sur RV), des soins sont assurés par un ou des membres de l’équipe pluridisciplinaire en fonction du projet thérapeutique de l’enfant/adolescent (sur le mode ambulatoire).

Relais Lumière Espérance, Secrétariat national

Conférence des évêques de France - CEF
90 ave de Suffren - 75015 Paris
tél. : 01 44 49 07 17
mail : contact@relaislumiereesperance.fr
www.relaislumiereesperance.fr/
Contact à Paris : Philippe Lefèvre : 06 13 73 29 93

Rencontre chrétienne de familles et amis de personnes souffrant de maladie psychique. Accueil, écoute, partage des souffrances et des joies sous le regard du Christ, méditation de la Parole. Pour Paris-IdF : contacter Philippe Lefèvre, tél. 06 13 73 29 93

Service d’écoute Samuel

Paroisse Sainte-Trinité
3 rue de la Trinité - 75009 Paris
tél. : 01 48 74 87 82
mail : samuel@latriniteparis.com
http://latriniteparis.com/Samuel

Un service d’écoute, de discernement, d’orientation, de conseil, assuré par des personnes formées à l’accompagnement spirituel et à l’écoute psychologique, sur rendez-vous à l’accueil (10h30-13h,15h-19h) ou par téléphone.

SOS Chrétiens à l’écoute

tél. : 01 45 35 55 56
www.soschretiensalecoute.fr

Écoute téléphonique anonyme. Solitude, souffrances psychiques ou morales, maladies, états de dépendance, précarités, détresses suicidaires, difficultés relationnelles. Prière et vie de foi. Une écoute sans critique ni jugement dans l’esprit de l’Évangile.

Cette réponse vous a-t-elle aidé ?

Aidez-nous à enrichir ce site. Quelle est la question à laquelle vous aimeriez avoir une réponse ?