Des réponses aux questions de détresse morale et spirituelle – Sitio est un site de l’Église catholique à Paris

La réponse

d’Etienne Villemain

Vous reconnaissez avoir une attitude violente. Vous avez donc fait une part importante du chemin, et vous voulez changer : « Que faire pour m’en libérer ? ». C’est un très bon départ, et au travers de cette question, vous demandez de l’aide. On comprend que vous souffrez beaucoup de faire souffrir.
La violence est le passage à l’acte d’un sentiment qui nous dépasse et s’exprime de façon désordonnée, soit envers les autres soit envers nous-même.
Après une « crise de violence », il y a souvent une culpabilité et une haine dans le cœur. Bref, c’est le contraire de l’amour.

Cette culpabilité ne doit pas vous enfermer dans le désespoir mais plutôt vous aider à vouloir changer. Au lieu de vous centrer sur vous-même en vous disant que vous êtes nul, au lieu de vous culpabiliser et de laisser la place au mal qui vous assaille, vous pouvez tenter de prendre le contre-pied, regarder vers le ciel, vous jeter dans les bras de Dieu. « Toi Seigneur, tu ne me condamnes pas, de tout éternité tu m’aimes, loué sois-tu. » La prière des psaumes peut beaucoup vous aider.

Autant que possible, il faut réparer la conséquence mauvaise de son acte. Demander pardon, prendre la résolution de ne pas recommencer. Puis, pour vous comme pour ceux qui vous entourent, vous devez impérativement prendre les moyens de ne plus être violent. Vous pouvez rencontrer un bon professionnel qui va vous aider à relire et décrypter l’origine et les mécanismes de cette violence. Vous trouverez ensemble des stratégies pour peu à peu vous libérer de ce fardeau.
Ce qui nous sauve, c’est le regard d’amour et de Miséricorde de Jésus sur le pauvre que je suis.

Vous pouvez redire cette prière tous les jours, par exemple :
Mon Dieu donne-moi la sérénité d’accepter toutes les choses que je ne peux changer.
Donne-moi le courage de changer les choses que je peux,
Et la sagesse d’en connaître la différence.

Confiance, espérance, et travail sur soi est le chemin difficile qui mène à la douceur.
Je vous souhaite de trouver cette douceur et cette sérénité.

Prières

Aime-moi, tel que tu es

Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme ; la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même : "Donne-Moi ton coeur, aime-Moi comme tu es."

Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent, dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas M’aimer. Aime-Moi comme tu es.

A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité. Aime-Moi tel tu es.

Je veux l’amour de ton coeur indigent ; si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ? Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créés ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ? Et s’il me plaît de laisser pour jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour !

Mon enfant, laisse-moi t’aimer, je veux ton coeur.

Je compte bien te former mais en attendant, je t’aime comme tu es.

Et je souhaite que tu fasses de même : je désire voir, du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse.

J’aime l’amour des pauvres ; je veux que, de l’indigence, s’élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C’est le chant de ton coeur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait : ne t’inquiète pas de cela. J’aurais pu te destiner à de grandes choses : Non, tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour. Aime !

L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton coeur comme un mendiant, Moi, le Seigneur des seigneurs. Je frappe et j’attends, hâte-toi de m’ouvrir, n’allègue pas ta misère. Ton indigence, si tu la connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser le coeur, ce serait de te voir douter et manquer de confiance. Je veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit, je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi : "Aime-moi, tel que tu es."
N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais.

© Supplément au n° 120 des Cahiers sur l’Oraison, Père Henri Caffarel, à partir d’un texte transmis par une mystique anonyme du XIXe siècle.

Allons, courage ! de saint Anselme

Allons, courage !
Fuis un peu tes occupations,
dérobe-toi un moment au tumulte de tes pensées.
Rejette maintenant tes lourds soucis
et laisse de côté tes tracas.
Donne un petit instant à Dieu
et repose-toi un peu en lui.
Entre dans la chambre de ton esprit,
bannis-en tout,
sauf Dieu ou ce qui peut t’aider à le chercher.
Ferme la porte et mets-toi à sa recherche.
À présent, parle, mon coeur,
ouvre-toi tout entier et dis à Dieu :
Je cherche ton visage ;
c’est ton visage, Seigneur, que je cherche.

© Saint Anselme, in Le désir de Dieu

Prière à la Miséricorde de sœur Faustine

Je désire me transformer toute entière en Ta miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Toi, ô Seigneur ; que le plus grand des attributs divins, Ton insondable miséricorde, passe par mon âme et mon cœur sur le prochain.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne et ne juge jamais d’après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et lui vienne en aide.

Aide-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.

Aide-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j’aie pour chacun une parole de consolation et de pardon.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est dans le service rendu à mon prochain.

Aide-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux, afin que je ressente moi-même les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté, et moi, je m’enfermerai dans le Cœur très miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances.

Que Ta miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur (...).

Ô mon Jésus, transforme-moi en Toi, car Tu peux tout.

Ô mon Dieu caché dans ce grand et Divin Sacrement !

Jésus, soyez avec moi à chaque moment ! Et mon cœur sera tranquillisé.

© Petit Journal, Sœur M. Faustine Kowalska, Ed. Apostolat de la Miséricorde divine, 3e édition, 2007.

Prière du bienheureux Charles de Foucauld

Mon Père,
je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure, avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

© Prière du bienheureux Charles de Foucauld, in Mon Père, je m’abandonne à toi, Carlo Carretto ; trad. de l’italien par Liliane Larmoyer, Cerf : Nouvelle cité, Paris, 1977.

Associations

Amitié espérance

Conférence des évêques de France - CEF
Germaine Nérome - 310 rue de Vaugirard - 75015 Paris
tél. : 01 48 42 45 82/06 87 51 00 69
mail : germaine.nerome@sfr.fr
www.amitiesperance.cef.fr

Mouvement chrétien pour les personnes dépressives ou souffrant de maladies psychiques, cherchant à briser leur isolement, les invitant à une recherche spirituelle. Rencontre, partage, entraide, solidarité à travers le vécu quotidien des participants.

Espace Philippe Deschamps

166 rue Jeanne d’Arc - 75013 Paris
tél. : 01 43 31 56 08
mail : espacedeschamps@gmail.com
www.paris.catholique.fr/-Espace-Philippe-Deschamps-.html

Aide spirituelle et amicale créée à l’initiative des aumôneries des hôpitaux, pour celles et ceux qui en ressentent le besoin, dans le respect de leur conviction. Accueil en groupe ouvert à toute personne souffrant de difficultés psychiques, hors hôpital.

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